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| Accueil/Les Dossiers/Les poésies ouestiennes/ce soir |
Mon mal est sans espoir et je dois me taire encore ce soir
Je meurs doucement avec le coucher du soleil tout devient d’ivoire
Les souvenirs sont des malles sans serrure que l’on ouvre pourtant
De moins en moins souvent le temps passant
J’aurais cent ou même mille ans que j’en saignerais encore
Mon amour est un temple, mon tombeau, sans aucun remords
Une année, quelques saisons, jeune il est vert, mature il jaunit
Et vieux, il tombe tout rouillé, en un cycle infini
Je me suis enclose pour une simple rose
Si commune cause et pourtant si grandiose
Douce souvenance sur mes chemins d’errance
Ironie des circonstances, maintenant que n’existe plus la distance
Le dernier rayon m’emporte enfin, vestige du temple de mon cœur
Tout ce poids oppressant s’envole doucement je n’ai pas peur
Cette peine, ces larmes, ces sentiments s’effacent sans effort
Je n’emporte rien de tout ça, je souris à la mort
Mon dernier baiser te glace les lèvres
Tu ne fermes pas tes yeux, ne te détournes pas vers la grève
L’Ankou me berce de ses bras blêmes
Mon cÅ“ur ouvert laisse échapper un « je t’aime »
Tu ne comprendras pas et tu demanderas « qui ? »
Tu le devineras un jour de nostalgie…
Telle la petite sirène, je me meurs de n’avoir pas été aimée de toi
Invariablement, le soleil couchant dore tout autour de moi
Je n’en parais plus aussi pale que l’écume d’hiver, juste endormie
Ferme mes yeux mon doux ami